"Comme l'Indien, je suis allée aussi loin que la terre le permet" (Claude Levi-Srauss)
Mais, moi, je ne suis pas arrivée au bout du monde

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Mon Voyage
En Thaïlande en 1974

Du 3 août au 19 août 1974
Moi en Thailande en 1974


PARIS - BANGKOK

Samedi 3 août 1974

Jumbo est une nouvelle association qui organise des voyages. J'avais acheté un circuit chez JSF (Jeunes sans Frontières) et JSP avait vendu son voyage à Jumbo. Et ainsi je me retrouvais avec une convocation pour Orly Sud, 8h30, salle R (la salle des enregistrements des groupes) sous une pluie battante.

Quelle pagaille. Chacun cherche le comptoir correspondant à son voyage : destination Mexique, URSS, Club Méditerranée... A propos, moi, je pars pour Bangkok. La Thaïlande en 15 jours, c'est tout ce que j'avais pu faire pour utiliser les maigres deux semaines de vacances que mon changement d'emploi m'accordait.

Je me retrouve par hasard à côté de passagers qui portent une étiquette Jumbo sur leurs bagages, et je les suis. Par hasard, c'était la bonne file d'attente. Enfin, je vois s'afficher le panneau "Bangkok".

Les billets ne sont toujours pas là. Il n'y a pas d'accompagnateur avec ce groupe. On est indépendant et on doit se débrouiller au mieux pour s'envoler à l'heure.

A 10h15, je parviens à avoir mon billet d'avion. Ouf, il était là ! Car on est toujours inquiet, quand il faut le retirer à l'aéroport. Certains sont renvoyés sur des vols Alitalia à Orly Ouest (bonjour la course entre les deux aérogares), et d'autres n'ont pas leurs billets. Quant à d'autres, ils ont des problèmes de visas. C'est parfois très compliqué de voyager.

Billet en main je file vers ma porte d'embarquement. Là je suis arrêtée parce que je n'ai pas ma carte d'embarquement. Ah oui, c'est logique. J'ai fait la queue pour avoir mon billet, mes ma carte d'embarquement, où me la procurer ! Normalement c'est au comptoir d'Air France ? Je fais la queue. Une queue ! Certains voyageurs ont des malles à faire peser, incroyable. L'aéroport d'Orly un samedi 3 Août : la pagaille, l'affolement, l'énervement. Et je vois l'heure avancée, bientôt je vais rater mon vol.

A 10h45 je parviens devant l'hôtesse, et je lui dis que je n'ai pas de bagages parce qu'ils ont été enregistrés à la salle R, elle en devient dingue. Bien sûr que c'est Jumbo qui aurait du me donner ma carte d'embarquement en même temps que mon billet, un oubli ...

Je commence à m'affoler, explique à l'hôtesse que je ne peux pas aller refaire la queue au comptoir de Jumbo, parce que mon avion décolle dans 45 mn. Elle accepte de me faire une carte d'embarquement, et de me réserver un siège et me dit : "dépêchez vous, allez à la porte d'embarquement".

Et c'est la course à travers l'aéroport. les couloirs n'en finissent pas, les portes d'embarquement se succèdent sans que j'arrive à ma lettre...

Enfin, vol 190, Paris-Athènes (et ultérieurement Bangkok, Tokyo).

Tout est Ok maintenant, je suis dans la salle d'attente, prête à embarquer et je respire.

Le bus nous emmène jusqu'à l'avion. Un boeing 747 d'Air France. Je rêvais d'en prendre un, ce qui ne m'étais jamais arrivé depuis que je voyage.

Je pénètre dans cette enceinte immense. En fait il ne me parait pas si grand, car il est divisé par des cloisons en plusieurs cabines de passagers, et l'on ne ressent pas une enfilade de sièges. Hôtesses vêtues de bleu ciel et rose pâle, ensemble tailleur jupe aux genoux et petite veste à manches courtes, moquette, murs tapissés, fauteuils confortables.

Cabine D, siège 25 G. Je me trouve en plein dans la rangée du milieu, dans la 2 ème cabine. Un handicape car une partie du vol se fera de jour, et je ne verrai rien par les hublots ..

L'avion qui devait décoller à 11h30, ne décolle qu'à 12h30, en raison de l'encombrement de l'aéroport. Déjà 1 hre de retard !

On nous fait une présentation du "Festival en plein ciel". Je prends des écouteurs, car de cela aussi je rêvais, et comme je voyage seule, cela me désennuiera. Je n'ai toujours pas rencontré mes compagnons de circuit, tous ceux avec qui j'ai échangé des paroles, voyagent en indépendants, et je suis inquiète, malgré tout, de me retrouver seule. Le film annoncé est la Nuit Américaine de François Truffaut. Ce sera la 3 ème fois que je le vois, mais tant pis, je vais le connaître par coeur.


Paris - Athènes - Arrivée à 15h30 - 3 hres de vol

On nous sert un déjeuner. En général, nourriture pas terrible, mais très bon café. je suis assise à côté d'une famille nombreuse, que je crois venir des Etats Unis, vu leur accent. Je discute avec la petite fille qui se trouve à côté de moi, et qui s'amuse à vouloir jouer avec moi à des jeux qu'elle invente. En fait, ce sont des Canadiens.

Arrivée à Athènes

De jour. L'an dernier, à chaque atterrissage à Athènes, il faisait nuit. mais comme je ne suis pas près d'un hublot, je ne verrai encore pas Athènes. J'aperçois de mon siège, des collines rocailleuses, mais toujours pas le Parthénon. Je finis par me dire qu'on ne peut pas voir le Parthénon de l'aéroport ! Et il y a la mer, parsemée de vagues. On nous annonce une température de 30 degrés. je vais prendre l'air sur la passerelle de l'avion. le temps et la chaleur sont formidables : une chaleur sèche, du soleil, un ciel tout bleu.


Athènes - Abu Dhabi - Arrivée à 20h00 - 4h15 de vol

On mange, un curry dégueulasse. je voyage maintenant aux côtés de trois mémés Japonaises, qui dorment, lisent (un livre japonais de format contraire aux nôtres, plus large que haut, et non relié, ressemblant plutôt à une brochure) et elles ne mangent rien de notre cuisine continentale (bien que ces soit du curry).

On survole Chypre. On la cherche en vain. Puis les puits de pétrole du Koweit .... c'est le micro qui nous l'a annoncé ! Il fait alors nuit et tout le monde se lève vers les hublots. Les puits de pétrole ? Des petits points lumineux, même pas les illuminations de Paris !

Arrivée à Abu Dhabi

Un petit tour sur la passerelle de l'avion malgré les interdictions de l'équipage. C'est toujours comme ça, ils n'arrivent jamais à maintenir les passagers assis à leurs places aux escales. La bonne chaleur humide commence. beaucoup détestent, moi je savoure ce bain de chaleur, qui me rappelle mon voyage en Inde et me rapproche de l'Asie. Au pied de la passerelle : un Cheik ! Eh oui ! Le premier que je vois de ma vie, autrement qu'au cinéma : tout de blanc vêtu dans une longue robe et un voile sur la tête.

Abu Dhabi, ville perdue au milieu du désert ! Une escale récente d'Air France, qui a certainement servi à entretenir certains accords sur le pétrole. Quel genre de paysage y a-t-il autour ? C'est le mystère, il fait nuit, je ne le saurai jamais. Je pense à l'équipage (on change d'équipage) qui descend ici et va y séjourner 48 hres, là où il n'y a rien à faire, et où ils ne pourront pas sortir de l'hôtel à cause de la chaleur. Le nouvel équipage qui monte à bord, en uniformes, ont des visages d'ailleurs ruisselant de sueur.


Abu Dhabi - New Delhi - 3h 50 de vol

Ils projettent le film La Nuit américaine. L'écran est descendu, un petit format, mais les fauteuils sont bien placés. J'ai avalé un Mogadon, et le sommeil me prend. je regarde le film de temps en temps. les séquences que j'aime particulièrement, et je m'amuse à passer de la bande sonore française, à la bande sonore anglaise.

Arrivée à New Delhi

L'inde ! Le vert ! Pas de mares d'eau comme l'année dernière à Bombay. L'aéroport de New Delhi, j'y suis tant passée de fois l'an dernier ! La nostalgie me prend. L'Inde m'est devenue très chère, et j'ai un peu mal au coeur de continuer le voyage. Je ne pourrai même pas y respirer l'air, car on doit rester à l'intérieur de l'avion.


New Delhi - Bangkok (Aéroport Don Muang) - Environ 3 hres de vol

On nous remet dans le noir, et là ... je m'endors, profondément, et je crois comme les trois quarts des passagers.

Réveil en sursaut : petit déjeuner. C'est toujours comme cela dans les avions, le petit déjeuner est la pire des choses qui vous arrivent. On s'en passerait bien, mais les hôtesses tiennent absolument à vous faire déjeuner à l'heure qu'elles ont décidé.

Arrivée à Bangkok

Ensuite, l'atterrissage se fait très rapidement. l'aéroport de Don Muang est très moderne (quel contraste avec mon arrivée à Bombay l'an dernier). On est à 25 km de Bangkok. Les formalités sont ultra rapides. L'équipage descend en même temps que nous, mais l'avion continue sur Tokyo, le terminus du vol.


© Jocelyne Pruvot



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