Heraklion


Heraklion

Lundi 12 Septembre

Du site archéologique de Knossos, route jusqu'à Heraklion (5 km).

Quand on ne sait pas où se garer, on perd beaucoup de temps. mais en demandant aux Crétois on finit par savoir : il y a un parking payant sur le port, vers la marina. d'ailleurs il s'appelle "Marina parking".

Ensuite il faut tout faire à pied.

Heraklion est construite sur le flanc d'une colline qui surplombe le port. Les fortifications et le château ont été construits sous la domination vénitienne.


Conquise en 818 et fondée en 824 par les rebelles arabes expulsés d'abord de l'émirat de Cordoue par al-Hakam Ier puis d'Alexandrie, Khandak qui signifie "fossé", tenait son nom d'un fossé défensif creusé pour la défendre.

Jusqu'en 961, la ville se développe grâce à la piraterie contre l'empire byzantin, car les Arabes qui l'occupaient ne dépendaient d'aucune autre faction du monde arabe et par conséquent ne se souciaient pas de diplomatie.

Mais en 961, le général byzantin Nicéphore Phocas, futur empereur, reconquit la ville, la pilla, massacra l'ensemble des Arabes, et la réduisit en cendres.

En 1204, les Vénitiens achetèrent aux Byzantins l'île de Crète et en particulier sa capitale, et elle prit le nom de Candie (Candia en italien), nom qu'elle garda jusqu'en 1898. Les Vénitiens améliorèrent grandement ses fortifications, et de nos jours, on peut encore voir le grand mur, qui fait par endroits quarante mètres d'épaisseur.

Le 27 Septembre 1669, après vingt-deux ans de siège, probablement le plus long de toute l'Histoire, qui coûtèrent la vie à 30 000 Crétois et 120 000 Turcs, l'amiral vénitien Francesco Morosini se rendit à l'Ottoman Ahmed Koprolu, et la ville passa sous domination ottomane.

Jusqu'en 1898, ce fut surtout une place forte (les Ottomans la renommèrent Megalo Kastro, soit "grand chateau") et son activité économique déclina, au profit de La Canée (Hania). Il fallut donc attendre l'indépendance de la Crète sous l'égide de la communauté internationale pour relancer le tout.

Le port

On a garé près du port. Le premier endroit que l'on a vu est donc le port.





L'entrée du port est protégée par un château vénitien, la "Rocca al Mare" ou "Megalo Koule".





La forteresse vénitienne (connue localement sous le nom de Fort de Koules), a été construite par les Vénitiens pour protéger le port des invasions.


Initialement construite par les Vénitiens au 13 ème siècle, elle a été détruite par les deux puissants tremblements de terre de 1303 et 1500.

La forteresse que l’on peut voir aujourd'hui a été construite entre 1523 (inscription sur la porte nord) et 1540, toujours sous la domination vénitienne..

Sur ses façades, on peut voir trois reliefs représentant le Lion de Saint Marc mais c'est celui tourné vers la mer qui est en meilleur état.

Cet impressionnante forteresse de deux étages a logé les autorités portuaires, les prisons et les entrepôts.

Lorsque les Turcs s'emparèrent de la ville, le château fût utilisé pour emprisonner les rebelles crétois et comme salles de gardes. Quand Iraklio s’est remise de la domination turque, des mosquées ont été établies dans sa cour.

Le second étage sert, en été, de théâtre en plein air.

Du château, la vue sur la ville et le port est impressionnante.

Les remparts

On entre dans la vieille ville qui est encerclée de ses murs, encore aujourd'hui.


Les remparts ont été construits au 15 ème siècle au cours de l’occupation vénitienne, puis améliorés et étendus au cours des 16 ème et 17 ème siècles.

Ils mesurent 3 km de long et comptent quatre portes: la porte de Malus dans le port; la Porte de Saint-Georges; la Porte de Pantocrator et la Porte de Jésus.

La Porte de Pantocrator date de 1570 et sa façade intérieure abrite un buste de Pantocrator avec une inscription écrite en grec. La Porte de Jésus, ou Kainourgia Porta, se trouve dans les murs côté sud et date de 1587. La façade intérieure est ornée de triglyphes et de métopes.





La vieille ville regorge de magasins, de places publiques, de cafés, bars et restaurants, et témoigne de la longue histoire d'Héraklion, et de ses occupations vénitienne et turque.

La Fontaine Morosini

On commence en plein centre de l'ancienne ville.

La Platia Venizelou (Place Vénizelou), aussi connue sous le nom de Platia Liondarion (place des Lions), abrite la fontaine Morosini construite en 1628 par les Vénitiens, et portant le nom du gouverneur de l'époque (Francesco Morosini).




La fontaine est connue sous le nom de "Fontaine des Lions" car les jets d'eau sont crachés par quatre lions.

Elle a été construite à l'emplacement d’une ancienne fontaine du 14 ème siècle pour commémorer l'impressionnante construction vénitienne apportant de l'eau potable à Héraklion depuis le Mont Youktas situé à 15 km. On peut encore voir des vestiges de l'aqueduc à Fortetsa et Karidaki, décoré avec des armoiries et des scènes de la mythologie grecque.

Elle se compose de 8 bassins décorés de figures de la mythologie grecque, de nymphes, de tritons, de monstres de mer et de dauphins et dont le plus élevé est soutenu par quatre lions assis.

On dit qu’au centre de la fontaine se trouvait une impressionnante statue de Poséidon (Neptune) tenant un trident.
La version la plus populaire dit que la statue a été détruite par un tremblement de terre durant la domination turque

L'église de Saint Titus

L’église d’Agios Titos évoque le style de l’art ottoman, et est influencée par l’architecture religieuse byzantine de Constantinople.



Saint Titus est le patron de l'île et de l'église. Disciple de l’apôtre Paul, il fut le premier évêque de Crète. L'imposante église byzantine d'Agios Titos a été difiée en 961 en son honneur.

Construite par les Byzantins vers 962, rénovée en 1466, ruinée par un incendie en 1544, convertie par les Turcs en mosquée, détruite par un tremblement de terre en 1856, les Turcs reconstruisirent alors une mosquée, convertie plus tard par les Crétois en église.

Elle contient le crâne de St. Titos, rapatrié de Venise en 1956. Les Vénitiens avaient pris le crâne avec eux lorsque la ville tomba aux mains des Turcs en 1669.


La première église dédiée à l'apôtre Titus se trouvait à Gortyne, mais elle fut détruite par les arabes en 824.

Ce n'est qu'à la fin du 10 ème siècle qu'une très belle église allait être construite à Chandakas (l’actuelle Héraklion) et les reliques de St Titus transférées. Elle possédait une seule nef.

Lorsqu’en 1210, au début de la domination vénitienne sur l’île, l’archevêque latin s’installa dans l’église, il semble que le bâtiment ait fait l’objet de certaines modifications. Une lucarne ronde fut percée dans la façade et un clocher fut ajouté à l’angle sud-est.

Cette église fut démolie avant la fin du 15 ème siècle puis reconstruite. Le deuxième édifice, qui fut inauguré par l’archevêque latin de Crète Fantino Dandolo le 3 janvier 1446, était une basilique à trois nefs couverte d’une charpente, ornementée de marbres rares, d’autels et de chapelles.

Légèrement abîmé par le séisme de 1508 sans toutefois perdre de sa grandeur, ce bâtiment fut détruit par un incendie le 3 avril 1544. Les reliques sacrées de l’église échappèrent aux flammes, ainsi que des objets précieux comme le crâne de Saint Titus et l’icône de la Vierge Mesopantitissas.

En 1557 fut édifiée une autre église, du même style que la précédente et tout aussi majestueuse.

Lors de la chute de Chandakas aux mains des Ottomans en 1669, les reliques de l’église furent transportées à Venise. L’église subit des modifications importantes et fut transformée en mosquée (Vezir Tzami), au nom du conquérant de Chandakas Jade Fazil Ahmet Köprülü.

Au cours du 16 ème siècle, les Vénitiens la transformèrent en temple catholique, mais lorsque les Ottomans conquirent la ville, elle devint la mosquée Vezir Camii.

Détruite complètement par le grand tremblement de terre de 1856

En 1869, le grand Vizir Ali Pacha confia à l’architecte Athanasios Mousis, qui était originaire d’Épire et vivait à Constantinople, la construction d’une nouvelle mosquée majestueuse qui conserva cependant son ancien nom.

En 1922, après l’échange de populations entre la Grèce et la Turquie, le bâtiment fut rendu au culte chrétien orthodoxe et fut inauguré le 3 mai 1925 par le métropolite de Crète, Titos Zografido, pour redevenir, en 1926, une église orthodoxes.

Mais l'église conserve toujours les reliques du saint patron de la Crète... Son crâne notamment... Le 15 mai 1966, le crâne de Saint Titus fut ramené de l’église Saint-Marc à Venise

De 1974 à 1988, d’importants travaux ont été réalisés pour la consolidation et la restauration de l’église.

Sources : Documentation de l’église Agios Titos à Héraklion - https://www.incrediblecrete.gr/fr/place/saint-titus

L'église d'Agia Ekaterini

(Sainte-Catherine)

Sur la Plateia Katerina (la Place Sainte-Catherine), face à l'imposante cathédrale Agios Minas (1862-1895), on passe devant une église en restauration. Il s'agit de l'église d'Agia Ekaterini. Une église byzantine construite en 1555 par les Vénitiens et abritant le musée d'Art Religieux.



Cette église faisait partie d'une Ecole Monastique qui devint un centre intellectuel de l'île. Ce fut dans cette église qu’El Greco, entre autres, a fait ses études. Ainsi que le poète Kornaros, auteur de l'oeuvre crétoise classique d'Erotokritos, et plusieurs savants théologiens orthodoxes.

L’église abrite une exposition d’art byzantin, y compris des icônes de Michel Damaskinos, mentor d'El Greco, artiste qui se cache derrière l'Adoration des Mages.

Au fil du temps, elle subit quelques modifications dont l'adjonction, au 17 ème siècle, d'une impressionnante entrée.

L'Hôtel de Ville - La Loggia

Sur la Place de Saint Titus se trouve un bâtiment rectangulaire à deux étages, à quatre façades, muni d’arcs semi-circulaires : la Loggia. C'est aujourd'hui le bâtiment de la mairie d'Héraklion. Elle a aujourd’hui été soigneusement reconstruite après avoir été lourdement endommagée lors de la Seconde Guerre Mondiale.





Au cours de la période vénitienne c'était le centre de la vie publique de la noblesse vénitienne, qui s’y réunissait pour se détendre. Elle fut ensuite utilisée comme bâtiment du gouvernement par les Turcs et transformée en mosquée.
Un minaret a alors été érigé.

Sur le côté nord de la Loggia se trouve la fontaine de Sagrendo construite en 1602 et possédant une tête de femme défigurée supposée représenter la nymphe Crète, mère de Pasiphae et femme de Minos selon la mythologie Grecque.

Le parc El Greco

C'est un agréable jardin au milieu duquel prône le buste du célèbre peintre El Greco, de son vrai nom Doménicos Théotocopoulos, peintre espagnol mais d’origine grecque, né en Crète (alors possession de la République de Venise), près de Candia en 1541, et décédé en 1614 à Tolède.



Un coin a été aménagé pour les enfants (balançoires, toboggans) et nous y trouvons des toilettes publiques.

Il possède des vestiges de thermes romains utilisés jusqu’au début de l’époque chrétienne.

La basilique Saint-Marc

(Vasiliki Agiou Markou, ou Agios Markos, ou Basilique San Marco)

A proximité de la place Venizelos, se trouve la basilique Saint-Marc (Agios Markos) construite en 1239 par les Vénitiens, dédiée à leur saint patron et protecteur, Saint-Marc.





Elle était l'église la plus importante d'Héraklion et toutes les cérémonies officielles s'y tenaient. La noblesse vénitienne d'Héraklion y fut enterrée. Elle fut longtemps une église d'une grande richesse ornées de magnifiques fresques.

Le bâtiment original a été endommagé par des tremblements de terre et a été restauré.

L’Eglise Saint Marc a été la cathédrale de Crète. Comme la cathédrale Saint-Titus, elle a été convertie en mosquée par les Turcs et demeura comme tel jusqu'en 1915.

En 1956, elle a été restaurée dans sa forme originale vénitienne.


Sa façade est de style vénitien. C'est une basilique à trois nefs avec un toit en bois. Elle abrite des reproductions de fresques créto-byzantines des 13e, 14e, 15e siècles.

Aujourd'hui, le bâtiment est utilisé par la Galerie d'art municipale et abrite une exposition permanente de fresques byzantines.


On passe à travers le marché central.


La fontaine Bembo

Sur la Plateia Kornarou (qui tient son nom de Vicenzos Kornaros, auteur crétois du poème épique "Erotokritos") à proximité du marché central, se trouve la fontaine Bembo qui porte le nom de son architecte vénitien Zuanne Bembo.

Elle a été construite en 1588 dans un mélange de styles vénitien et romain, issue des ruines de l’Ierapetra romaine.

Elle est décorée d’une armoirie vénitienne en relief et d’une statue d’homme sans tête (acéphale), romaine, bizarrement acéphale porte le nom de son architecte vénitien Zuanne Bembo.

On dit que la statue avait des pouvoirs surnaturels et que, pendant la domination turque, les Turcs la peignait chaque année en mai et des rituels religieux étaient tenus en son honneur.





Près de cette fontaine, on trouve aussi une fontaine turque.





La tombe de Nikos Kazantzakis

Le Bastion de Martinengo est dans la partie sud des murs, c'est le point le plus haut et le plus important de la muraille.

C'est là que se trouve la tombe du philosophe, poète et écrivain crétois, Nikos Kazantzakis (1883-1957), auteur de nombreux romans dont Zorba le Grec.



Dans le vieil Antibes que je connais bien, dans le sud de la France, il est posé une plaque :
"Ici, Nikos Kazantsaki, poête et écrivain, s'arrêta pour terminer son oeuvre".



Je ne pouvais pas être à Heraklion et ne pas aller voir la tombe de Nikos Kazantzakis.

Il a été enterré ici contre la volonté de l'Eglise orthodoxe, qui s'opposait à ses écrits antireligieux.

Sa tombe est marquée de cette citation issue de l’une de ses oeuvres : "Je n'espère rien, je ne crains rien, je suis libre".



Il a aussi écrit : "Heureux l'homme qui avant sa mort a eu la chance de voyager dans la mer Egée. Nulle part ailleurs, on ne peut passer aussi facilement de la réalité au rêve".


De ces remparts, les points de vue panoramiques sont impressionnants.



Sources qui m'ont été utiles dans cette page :
http://www.crète.fr/heraklion.html
http://www.alpha-omegaonline.com/heraklion_ville.htm


La ville m'a bien plu alors que j'en avais une idée négative au départ. On s'y sent bien vivre. Je pense que la prochaine fois j'y passerai une nuit au moins pour profiter de la vie nocturne.


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